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Un vendredi en Israël

La semaine de travail s’est achevée hier, voilà le vendredi tant attendu.

Faire son Alya, c’est aussi découvrir un nouveau jour dans la semaine : le vendredi.
Certes, il faut également renoncer au dimanche, mais où est-il écrit qu’un juif doive se reposer le dimanche ?

C’est même peut-être le secret d’Israël, pendant que les nations dorment et se reposent, Israël est déjà à pied d’œuvre. « Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël », sachons en être inspirés.

Vendredi matin, les enfants sont partis, qui au gan, qui à l’école, voilà la matinée libre pour les parents. Comme en France, nous avons devancé la préparation de Shabbat, et le couscous a cuit hier soir.

Après avoir été entendre un cours sur la paracha de la semaine - le problème ici étant qu’il faille choisir son cours, c’est ce qui s’appelle l’ «embarras » du choix - nous décidons d’aller faire un tour dans la vieille ville de Jérusalem.

Cela fait longtemps que je n’ai pas été prier au Kotel, environ trois semaines.
La semaine prochaine ma femme a décidé d’aller prier sur le Tombeau de Rachel, quand à moi j’irais participer à la marche organisée en signe de fidélité à Jérusalem, chaque veille de Roch Hodech, autour du Mont du Temple.

Vendredi dernier c’est autour d’un brunch que nous avons retrouvés des amis, à la terrasse d’un café. Il faisait frais, c’est encore l’hiver, mais le soleil de Jérusalem est tellement agréable en cette saison.

Un petit tour au marché de Mahané Yéhouda ? Non, nous avons fait le plein de courses au supermarché Zol LaMéhadrine il y a peu de temps et il nous faut rentrer pour chercher les enfants. Hanna a cuit une halla au gan et a appris une chanson sur Toubichevat. Orly est rentré avec sa feuille sur la paracha de la semaine, que nous étudierons ensemble durant Shabbat. En chemin sur la route du Maon, ainsi que s’appelle la crèche, j’ai croisé un voisin qui m’invite pour le troisième repas de Shabbat et un ami qui a passé la matinée à Tel-Aviv (« une envie de voir la mer »).

J’ai le regard fixé au loin, sur les collines bibliques de la région. Je suis serein. Je me souviens des vendredis de stress, où parfois je ne déjeunais pas pour terminer mes dossiers avant shabbat et pouvoir m’éclipser à temps. Je me souviens combien je courrais le vendredi en France et je peux l’affirmer : le sacrifice du dimanche vaut mille fois la sérénité retrouvée de mes vendredis.

J’aborde enfin Shabbat détendu et l’esprit tranquille. Comme partout en Eretz, notre quartier est entouré d’un Erouv. C’est bien pratique pour promener les enfants et apporter un gâteau à nos hôtes. Ici, pas non plus d’horloge de Shabbat à relier à l’interphone, avec l’angoisse d’être découvert par un voisin et dénoncé aux co-propriétaires (enfin, vous voyez de quoi je parle…).

Mais avant Shabbat, il me faut encore appeler le magasin de meuble qui devait me livrer mon nouveau canapé. Le vendeur, qui ne portait pas la kippa, me demande : « jusqu’à quel heure peut-on vous livrer avant shabbat ? » Comme on ne trouve pas de terrain d’entente, je hausse le ton et le suspecte de mauvaise foi. « Croyez vous en D.ieu ? », me demande-t-il. Je l’arrête avant qu’il ne jure de sa bonne foi, et nous finissons par tomber d’accord. « Shabbat shalom » me lance-t-il.

Rien que cela adoucit mon humeur face aux petits embarras du quotidien. J’ai encore le temps de préparer les bougies de Shabbat en écoutant une émission consacrée à la chanson française diffusée sur la radio de l’armée (nostalgie, nostalgie…) puis de lire le commentaire de Tora du Rav Melamed, dans l’hebdomadaire qui m’est distribué chaque vendredi. Allez, après ce vendredi en Israël, je vous souhaite également Shabbat Shalom !

AY

   
   
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